ARCHIVES 77-95
CONFOLENS
OSTENSIONS

2009-2010
DEBUT 2011
FIN 2011

 

Tout le plaisir de la photographie est là: guetter la coïncidence de plusieurs petits hasards, un instant, mettre de l'ordre dans le chaos ambiant, trouver des formes lisibles dans cette humanité qui grouille.
Henri COLDEBOEUF.

On ne se méfie jamais assez des photographes. Vous les voyez passer, l'air de rien, ou qui font semblant de fouiner ailleurs, alors qu'il n'y a que vous qui les intéressez. En un sens, vous devriez vous sentir flattés. Même s'il y a de fortes chances pour que l'image de vous que cet artificier sournois va piéger dans sa boîte corresponde mal à celle que vous êtes habitués à voir dans votre glace depuis votre naissance.
C'est justement son boulot, à ce photographe, de vous replacer dans un cadre qui, malgré toutes les apparences de la familiarité, ne jouera pas sur votre narcissisme. Evidemment, si vous n'êtes pas d'accord, vous pouvez toujours solliciter un rendez-vous avec Monsieur Karsh. Sinon, laissez faire le hasard: c'est le meilleur allié d'Henri Coldeboeuf. Et comme chez lui, cela rime souvent avec tendresse, humour, bonheur ou je ne sais quoi de rare et d'imprévisible, vous allez découvrir que votre sort de bipède exilé sur la planète terre n'est peut-être pas aussi quelconque que la morosité de certains jours pourrait vous le laisser supposer.
Henri Coldeboeuf a reçu quand il était petit un gros volume des oeuvres complètes de Robert Doisneau sur la tête - avec quelques pages mémorables d'Izis et de Jules Renard pour faire bonne mesure. Depuis, il a du mal à voir le monde sans sourire, avec cette ironie boudeuse et amusée des vieux chats qui savent encore courir après une pelote de laine.
Alain DISTER.
Critique Photographique au Nouvel Observateur.
http://www.alaindister.com

 
           
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